Graham Parker, soirée sacrée à l’Union Chapel de Londres

Dans la spectaculaire église du Nord de Londres, Graham Parker, légende méconnue du rock anglais, a régalé ses fidèles. 

L’alcool n’est pas autorisé dans la chapelle

Un lundi soir de novembre à Londres. Les sexagénaires se pressent au bar. La bière coule à flot. Un panneau indique : l’alcool n’est pas autorisé dans la chapelle. Oui, nous sommes dans un lieu saint. Pas dans la sacristie à siroter le contenu des vases sacrés, mais dans l’immense salle qui sert de bar/restaurant à l’imposante église néogothique située deux pas de Highbury Fields au nord de la capitale anglaise.

Graham Parker à l’Union Chapel

A une heure du concert solo de Graham Parker à l’Union Chapel, église / salle de concert / centre d’accueil pour sans-abris, les fidèles font le plein. Ça leur coûtera quelques allers-retours aux toilettes pendant le concert. 

Comme depuis plus de 40 ans, Graham Parker est en tournée, dans un relatif anonymat.

Si vous vous ne connaissez pas encore ce cousin éloigné de Bob Dylan et Bruce Springsteen, cliquez d’abord sur les trois liens ci-dessous :

King of comedy

Loin de la prestation enthousiasmante vécue lors de notre première rencontre avec l’ancien « jeune homme en colère », au New Morning en 2013, Graham Parker (69 ans déjà) a assuré seul sur scène 90 minutes de folk rock, alternant guitare sèche et électrique, harmonica et kazoo, chanson et parlotte. Beaucoup de parlotte. 

Storyteller hors-pair, l’idole d’Eric Naulleau (avec qui il partageait la scène des Bouffes du Nord il y quatre ans jour pour jour) prend soin d’introduire chaque morceau avec humour et autodérision. 

«Je me suis promis de ne pas faire le diacre coiffé d’un chapeau de hipster», lance Graham Parker avant d’enfiler son harmonica. Quand il ne se moque pas de lui-même, ce sont ses compositions (Waiting for the UFO : «même si on ne les attend pas vraiment, hein») ou son public («Ne m’obligez pas à appeler la fille de la sécurité svp, surtout ceux qui ont abusé du thé hier soir») qui prennent. 

Graham Parker, seul la scène/autel de l’Union Chapel

Voix nasillarde et timbre 100% britannique

L’acoustique est limpide, les jeux de lumières grandioses. Rien que pour la salle, ça vaut le détour. La prestation, elle, manque peut-être un peu de relief. Surtout que GP est en terrain conquis. 

Mais on prend un réel plaisir à retrouver le voix nasillarde et le timbre 100% britannique du vieux rockeur anglais.

Regard espiègle tapi derrière ses indéboulonnables lunettes fumées, Graham Parker enchaîne les compositions parfois hargneuses, souvent cyniques. 

Pas de Hold Back The Night, pas de Local Girls, pas de Watch the Moon Come Down, et surtout pas Don’t Ask Me Questions, l’hymne parkerien. Dommage.

Soul Rock Blanc

La soirée fait la part belle à ses deux derniers disques. Cloud Forms, sorti en 2018 et enregistré avec son «backing band» historique The Rumour. Pas leur meilleur. Et Squeezing out Sparks, pas l’original, mais la version solo acoustique sortie cette année pour fêter les 40 ans de l’album phare de son répertoire.

Il faut attendre une bonne heure et l’enchaînement Stick to Me / White Honey pour retrouver le soul-rock-blanc addictif de Graham Parker., avant un rappel relevé par l’interprétation de sa dernière composition, Nixon Rules. « C’est ce qu’on appelle une chanson polémique… enfin, plutôt une jérémiade » annonce-t-il avant de chanter la politique (ratée) de lutte contre la drogue des gouvernements américain et britannique. 

Voix nasillarde, écriture urbaine et poétique, mélodies mélancoliques, humour britannique, Parker fait le lien avec toute la musique qu’on aime. De Dylan à Springsteen. De Smokey Robinson aux Rolling Stones.

Set List du concert de Graham Parker à l’ Union Chapel (Londres, 25 novembre 2019)

Fool’s Gold
(Graham Parker & The Rumour cover)

Chloroform

Waiting for the UFO’s
(Graham Parker & The Rumour cover)

Stick to the Plan
(kazoo solo)

Bathtub Gin
(kazoo solo)

Every Saturday Night

Black Honey
(Graham Parker & The Rumour cover)

That’s Where She Ends Up

Saturday Nite Is Dead
(Graham Parker & The Rumour cover)

Discovering Japan
(Graham Parker & The Rumour cover)

Love Gets You Twisted
(Graham Parker & The Rumour cover)

Nobody Hurts You
(Graham Parker & The Rumour cover)

Passion Is No Ordinary Word
(Graham Parker & The Rumour cover)

Howlin’ Wind
(Graham Parker & The Rumour cover)

Stick to Me
(Graham Parker & The Rumour cover)

White Honey
(Graham Parker & The Rumour cover)

Encore:
Is the Sun out Anywhere

Nixon’s Rules

Protection
(Graham Parker & The Rumour cover)

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David Écrit par :

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