Yarol, la voix du rock français à la Cigale

De retour à la Cigale pour son deuxième concert parisien de l’année, Yarol Poupaud a envoûté le public à base de riffs excitants et de rythmes entraînants. Deux heures de rock n’ roll ponctuées par un final yarolien.

La Cigale, Paris. On est pas loin de la minuscule cave du Lautrec. Le bar de South Pigalle où l’on a redécouvert Yarol au début des années 2010. A l’époque, on venait voir Black Minou, le groupe des frères Poupaud, avec Melvil à la basse.

Euphorisant, grisant. Assister à un concert de Black Minou, c’était comme prendre un antidépresseur. Ça donnait envie de secouer la tête et de taper du pied. On était comme envoûté, possédé. Et l’entrée était gratuite.

Entre deux tournées avec l’idole des jeunes, Yarol venait religieusement se frotter à la sueur et la moiteur d’une simple cave de bistrot. Loin des stades et des arènes, en plein cœur du 9ème, dans son Pigalle chéri. Le guitariste de FFF et de Johnny Hallyday reprenait le rock n’ roll des pionniers (Little Richard, Chuck Berry, Dr Feelgood) en y injectant ce qu’il faut de soul music pour envoûter le public à base de riffs entraînants et de solos excitants.

On commence par la fin, avec Barbès, featuring Nikus de FFF à la basse

Le sauveur du rock n’ roll hexagonal

Un repositionnement (Yarol a remplacé Black Minou), un son plus moderne et – enfin ! – un album dans les bacs plus tard, l’éphémère juré de la Nouvelle Star assume son rôle de sauveur du rock n’ roll hexagonal. Yarol enchaîne concerts et festivals à un rythme dylanesque depuis le début de l’année 2019. 

Ce soir, ce n’est pas le grand final de la tournée (prévu au Plan de Ris Orangis le 14 décembre prochain), mais peut-être son apothéose. Le rockeur de Pigalle avait déjà retourné la Maroquinerie au printemps, il a remis ça à la Cigale.

Peu importe les conditions, peu importe les dimensions de la salle, avec Yarol l’énergie est toujours là. Entouré de nouveaux et jeunes musiciens chevelus pleins d’avenir, et toujours Ludwig Dahlberg à la batterie, le rockeur à bouclettes a déroulé les titres de son album avec une envie et un plaisir contagieux.

Le son Yarolien

Le son de Yarol n’est plus tout à fait celui de Black Minou. Plus lisse, plus moderne, plus grand public ? Mais on y retrouve les ingrédients chers au guitariste de FFF. Des riffs ravageurs, des rythmiques irrésistibles et des solos bien ficelés. 

Choix audacieux, les rockeurs démarrent le concert par un morceau inédit, Bullet in the Head. Une entame assez rock, tendance métal. Si la voix de Yarol est un peu couverte par le son, le jeu de lumière tout en noir et blanc est d’une redoutable efficacité. La foule n’est pas encore en délire. Pas même les Yarol Girls du premier rang.

Après un Wrong Way to Win dans la même lignée, il faut attendre Boogie With You (version 2019) pour réveiller la salle. Mais le morceau phare de Black Minou est un peu trop vite expédié pour laisser place aux riffs dansants de What I am Supposed to do.

Yarol Springsteen

Cheveux hirsutes, barbe de trois jours, guitare en bandoulière et perfecto cintré, sous l’éclairage de la Cigale, la silhouette de Yarol n’est pas sans rappeler celle du Boss époque Born to Run. Comme Bruce Springsteen, Yarol Poupaud est un showman, un amoureux de la scène capable, comme peu, de créer une ambiance et une proximité avec son public. Et donner l’impression, à mesure que la soirée avance, que la salle rétrécie.

Il donne du solo sur Trouble on the Wire ou Caroline, se déhanche sur Girls, sautille sur Bad Habits et envoie du gros rock sur l’assourdissant Runaway ou le punk No Filter.

Poupaud nous rappelle à quel point il est heureux de jouer à La Cigale. Il se remémore les soirées au Lautrec et au Bus Palladium voisins, mais n’oublie pas d’évoquer les tristes événements survenus en 2015.

« Aujourd’hui c’est le 13 novembre. C’est pas une date comme les autres. Merci d’être là ce soir et vive le rock n roll ! »

Yarol

Comme personne n’est parfait, on s’ennuie un peu sur la balade This is the End of the World, qu’on avait préférée à l’American Tours Festival (on n’est quand même pas là pour chanter des “houhouhou”). Juste avant de retrouver la touche yarolienne sur le deuxième inédit de la soirée Crocodile. Un morceau groovy composé avec son jeune claviériste chevelu et torse nu.

Barbèèèès

Mais c’est le troisième acte qui va nous achever. Et ça commence avec une interprétation jouissive de Sale. La rythmique endiablée du single de son album emballe véritablement la salle et déclenche même de beaux pogos dans la fosse.

Après une courte pause, Yarol revient pour une version acousticou-bayou d’un autre classique de Black Minou. Le superbe Voodoo Love qui repose un peu le public et les musiciens avant un final dantesque. 

D’abord, le puissant Go to Hell. Avec la présence exceptionnelle de Phil Almosninol à la guitare. Puis, le génial Black Cat Bone. Son tempo lancinant, ses changements de rythmes fulgurants et ses notes d’orgues mélodieuses. C’est le moment que choisit Yarol pour descendre et fendre la fosse, guitare en main, le temps d’assurer un solo à l’autre bout de la salle.

On retrouve l’énergie et la folie de Black Minou ou FFF après une première partie finalement plus lisse que dans nos souvenirs yaroliens. Et quand on croyait avoir atteint les sommets, Yarol déclenche le feu avec un Barbès dantesque featuring « Niktus » de FFF à la basse. Les musiciens étirent le morceau, pour offrir à Yarol et Niktus le plaisir de slammer sur la foule comme à l’époque de FFF. Le rock n’ roll, ça conserve.

Setlist Yarol ,
Paris, La Cigale,
13 novembre 2019

Photos Galerie
Yarol, La Cigale, Paris
13 novembre 2019

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David Écrit par :

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