Kevin Morby à Roubaix – The basement show

On a fait le déplacement jusqu’à Roubaix pour assister au concert de Kevin Morby, exceptionnellement en duo avec le trompettiste Hermon Mehari. On aurait pas pu espérer une meilleure soirée pour le 14 juillet.

Il y a des concerts qu’il ne faut pas rater. Ça arrive tous les jours, aux quatre coins du monde. Ça tient à peu de choses, un titre inédit, un duo inattendu, une mélodie revisitée, un couplet réécrit ou parfois, plus simplement, une ambiance, un public, une salle particulière. Il y avait un peu de tout ça ce dimanche 14 juillet à Roubaix. 

Tassés dans une cave qui dépassait à peine les 2m de hauteur sous plafond – claustrophobes et grandes tailles s’abstenir – le grand Kevin Morby a réussi l’exploit d’offrir aux 200 spectateurs présents une prestation à la fois sincère et flamboyante, épurée et exaltée. Et tout ça, sans heurter le plafond, ou presque.

La sainte trinité du Rock n’ Roll

Kevin Morby, c’est l’un de nos chouchous. Avec Courtney Barnett (31 ans) et Kyle Craft (30 ans), l’auteur compositeur américain complète notre sainte trinité d’artistes émergents sur la scène rock. Des jeunes trentenaires particulièrement inspirés qui donnent un coup de fouet à un genre souvent considéré – à tort – vieillissant. Point commun entre ces artistes ? Des inspirations et influences bien senties, à chercher du côté de Bob Dylan, Neil Young ou Bruce Springsteen (LA Sainte-Trinité, la vraie), ou pour les plus jeunes, Kurt Vile et The War on Drugs.

Découvert sur scène au Festival Villette Sonique en 2015, on a rarement raté ses prestations parisiennes depuis. On était Point Ephémère en 2015, à La Maroquinerie en 2016, au Trabendo en 2017, mais pas au Cabaret Sauvage en juin dernier. Un raté qu’il fallait réparer. Direction Roubaix pour le week-end du 14 juillet.

Kevin Morby à la Cave

Première (demi-)surprise en descendant les marches de la Cave aux Poètes : c’est une vraie cave. Un long couloir sépare la sono d’une scène même pas sur-élevée : c’est la fosse. Louis Aguilar, folkeux local, assure la première partie. Guitare en bandoulière, chemise de cowboy et mèches sur les yeux, il raconte ses histoires de ruptures, dans un anglais parfait, avec talent. Tapi dans la foule, Kevin Morby a l’air d’apprécier. 

Il est 19h30 quand la tête d’affiche traverse discrètement la foule pour s’installer derrière son clavier. Deuxième surprise, il est suivi de près par Hermon Mehari, trompettiste régulier des samedis après-midi jazz de notre troquet préféré, la Fontaine de Belleville. Alors qu’on s’attendait à découvrir le Oh My God Band (7 musiciens, dont un sax et deux choristes), nouveau groupe monté par Morby pour promouvoir son 5e album (le superbe Oh My God, sortie au printemps), ce sera donc un concert en duo. Sûrement un avant goût de sa future tournée automnale en solo.

Gospel et Rock n’roll

Les premières minutes du concert donnent le ton. Assis derrière son clavier Kevin Morby, costume blanc et visage juvénile, entame son gospel hypnotique Oh My God. Quasi-élégiaque, le clavier sonne comme un orgue perdu dans un saloon, Kevin Morby chante les louanges (“Oh my lord come carry me home”) avant de troquer son clavier pour sa Fender Coronado 2 et entamer un flamboyant Hail Mary aux allures dylaniennes. 

Pendant une petite heure et demi, Morby et Mehari vont alterner le chaud et le froid, les morceaux calmes et touchants (Savannah, Seven Devils, No Halo) et les envolées rock n’ roll (Oh My God Rock n’ Roll, Congratulations). Tout ça à deux. 

Le concert fait la part belle aux dernières compositions, notamment un morceau inédit, avant que Kevin ne sorte le sublime Beautiful Strangers, composé en hommage aux attentats du Bataclan. Une fois bouclé ce chapitre d’émotion intense, retour aux albums précédents, avec belle une sélection : I Have been to the Mountains, Parade ou Harlem River.

Entre temps, Kevin Morby aura fait taire les rigolards du fond de la salle, chanté quelques couplets a cappella, se sera cogné au moins une fois la tête au plafond et rappelé qu’il n’avait plus joué dans des caves depuis des années, mais que c’était un bon retour aux sources : “On est dans une cave ! Et c’est génial”. On aura peut-être plus l’occasion de le revoir dans cette configuration, ce qui nous laisse penser qu’on bien fait de passer notre 14 juillet à Roubaix.

Set-list du concert de Kevin Morby à Roubaix (14/07/2019)

  1. Oh My God (piano)
  2. Hail Mary
  3. Savannah 
  4. Oh My God Rock n’ Roll
  5. Congratulations 
  6. Seven Devils
  7. No Halo 
  8. Cry Baby
  9. New song (Sundowner ?)
  10. Piss River
  11. Beautiful strangers
  12. Destroyer (piano)
  13. I Have been to the Mountains
  14. Dorothy
  15. Parade
  16. Harlem River (cœur de City Music) 

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David Écrit par :

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